Harris Performance, ça vous dit quelque chose ? Il y a un peu moins de deux ans, Royal Enfield rachetait l’atelier créé par les frères Lester et Steve Harris en 1972. Jeunes soudeurs, ils avaient commencé à fabriquer des châssis de kart avant de se reconvertir dans la moto. Ils commencèrent par des châssis de Kawa Z1, puis firent toutes sortes de châssis de course avant d’accéder à la gloire avec leur modèle Magnum. Ils eurent leurs propres teams de course aussi, en Endurance, Superbike ou GP 500. Bref, Harris est un atelier dans la tradition anglaise, capable de tout construire, de tout développer, un service R&D idéal pour Royal Enfield.

Harris a développé le châssis de la Continental-GT, mais, connaissant leurs compétences en matière de motos spéciales, Royal Enfield leur a également confié au printemps dernier la construction de deux machines sur base Bullet 500, destinées à marquer l’entrée officielle de RE dans la custom-culture. Mo’ Powa » et Dirty Duck furent présentées pendant l’été, au Cafe Racer Festival notamment. « Notre but était de fabriquer deux machines très différentes pour rendre hommage aux très belles pièces qui rendent unique une Royal Enfield, et de démontrer dans le même temps les larges possibilités d’une Bullet en matière de préparation. On voulait montrer jusqu’où il est possible d’aller, tout en conservant les éléments clés de no machines. »

Royal Enfield ne s’est pas pour autant privé d’excursions pop, avec cette association du magenta et du turquoise : « Après les années 60 et 70, c’est au tour des années 80 d’influencer les tendances de la préparation ! »

Mo’ Powa »

Mo’ Powa’ pour More power, bien sûr : « Nous souhaitions créer la rencontre d’un dragster et de Mad-Max, sans perdre les formes classiques de la Bullet 500. » Ce projet audacieux qui a commencé par le montage d’un bras oscillant de Continental-GT pour augmenter l’empattement. La fourche est rabaissée, les amortisseurs K-Tech rallongés, et les roues montées avec des Continental TKC70 dont les gros crampons rappellent les capacités d’une Bullet à s’affranchir de tous les obstacles.

Mais le clou du spectacle, c’est bien sûr la greffe d’un turbo, qui a obligé à la suppression de la boite à air et le remplacement de l’injection par un carbu. L’échappement est une signature Harris, of course.

Dirty Duck

« Qui peut mieux incarner l’idée de survivre à tout qu’une bonne vieille Jeep ou Land Rover, avec son métal à nu et sa prise d’air haut perchée ? Nous voulions développer la version moto de tels engins. » La réalisation est effectivement dans l’esprit, avec des formes angulaires pour mieux signifier l’indestructibilité de l’utilitaire. Le cadre a été raccourci pour monter un large porte-paquet. Les Continental TKC80 sont les pneus les plus sculptés du marché.

Côté mécanique, la boite à air a été supprimée pour laisser place à l’échappement, réalisé par Harris, sans toutefois s’encombrer d’un silencieux. Le tableau de bord et le tête de fourche ont été fabriqués à la main, et ils adoptent deux longue-portée et une caméra Go-Pro pour mieux témoigner de ses aventures.