Gros week-end pour Triumph à Montlhéry : outre les douze prépas du Thruxton R Project, construites par les dealers officiels et dévoilées en exclusivité au Cafe Racer Racer Festival, le stand du constructeur exposait deux autres machines venues d’Angleterre puisque directement pensées par l’usine. L’une était une très belle Thruxton habillée façon Rob North ; on y reviendra. Et l’autre était ce superbe dragster sur base Bonneville Bobber, développé à l’origine pour concourir au sprint Essenza.

Les aficionados des drag-strip ne peuvent que tomber sous le charme de cette Turbo Bonneville Bobber : elle s’inspire clairement des pionniers californiens de la discipline, dans les années 50, ceux qui rapidement expérimentèrent le double-moteur et le nitro-méthane. Pas de ça ici, mais tout de même un turbo qui vient booster la performance du twin 1200. Celui-ci vient se loger juste derrière le bloc-cylindres, ce qui oblige à pas mal de modifications mécaniques. L’échangeur air-air prend place derrière la boite à air. Le réservoir de refroidissement liquide a été déplacé. Et pour évacuer les calories, la radiateur est surdimensionné.

Du coup, les ingénieurs Triumph ont repensé le cadre avec un arrière cette fois réellement rigide, et sérieusement renforcé. A l’avant, on retrouve la fourche à parallélogramme déjà initiée sur le Bobber Concept de 2015, toutefois affinée. Le triangle déformable est suspendu avec deux amortisseurs Fox. Et les bracelets sont fixés tout en bas de la colonne de direction. Si la machine conserve le réservoir du Bobber, celui-ci s’habille d’une protection dans le prolongement de la selle hyper creusée.

Cette Bonneville Bobber Turbo ne se contente pas d’être méchamment belle : elle tourne aussi ! Samedi, elle a ainsi pris part à la manche des Sultans of Sprint, malgré encore un manque de réglages… et l’absence de frein avant.