La mécanique anglaise. Celle des BSA et des Triumph version Meriden. Il l’a, tatouée sur le bras. George Pooley, anglais de 62 ans, était au 13e rassemblement du Club Trident- Rocket 3 France, les 2, 3 et 4 septembre dernier.

pooley1

Dans ses bagages, il avait amené des machines d’exception, toutes conçues et produites par ses soins.

– Une Triumph 1500cm3, réalisée en couplant deux moteurs de 750cc Bonneville.

pooley6

– une Triumph quatre cylindres Quadrent sur base T160 (deux exemplaires au monde, le prototype Triumph, et le sien).

pooley7

 

– Une BSA Rocket 3, double arbre à cames en tête, produite à domicile. Une performance, car, à l’époque, les ingénieurs Triumph ne parvenaient pas à rendre ce montage pleinement opérationnel. Les yeux bleus de George pétillent à mesure qu’il évoque cette création. « Je voulais démontrer que c’était fonctionnel. Cela m’a permis d’avoir une idée de ce qui m’attendait sur le V6 », lance-t-il, se tournant vers son chef d’œuvre.

pooley9

– Une BSA V6 1500cc, donc, avec injection et toujours avec arbres à cames en tête. Ce sont des moteurs d’A75, accouplés sur une même machine pour laquelle il a tout conçu, tout produit. Les carters, qui reçoivent les deux hauts moteurs, sont en aluminium fait maison, les boîtiers de culbuteurs idem, le cadre Rob North a été modifié, l’allumage et le circuit de refroidissement air/huile repensé… la liste des pièces moteur remaniées est presque infinie. Deux ans de travail. Il lui reste encore à finir le système d’injection et elle pourra rouler. « Je ne sais pas du tout ce que ça va donner… Je voulais simplement le faire. Prouver que c’est faisable. »

pooley10

Sa connaissance des moteurs anglais est immense. Pourtant, George n’est pas ingénieur. Il est mécanicien, depuis 22 ans, dans une société de production de boite de biscuits. « J’aime jouer avec la mécanique, tant que ce sont des moteurs Triumph et BSA anciens. » On touche une corde sensible. « Je félicite John Bloor pour ce qu’il a su faire en relançant Triumph. De même, Stuart Garner pour Norton. Ils font de bonnes machines. Mais ce n’est pas pour moi. »

pooley5

En parallèle de son métier, il s’adonne, autant que possible, à la préparation de ses motos fétiches. « Je dois avoir modifié environ 40 machines, que je revends par la suite. J’en fait une en ce moment. Elle sera spéciale. » Ce sera une Triumph, qui devrait être prête l’an prochain. Mais nous n’en saurons pas plus. L’homme est secret. Modeste. Son inspiration ? Il la puise dans le thé. « Dans mon garage, il y a plein de motos. Je m’assois, je bois du thé, beaucoup trop, et je réfléchis à ce que ça donnerait si je faisais telle ou telle modification sur tel ou tel moteur. Quel cadre je pourrais mettre, quelle motorisation… Je ne fais aucun plan ni aucun dessin avant de me lancer. Tout est dans ma tête. Et j’essaie de faire de belles choses. » Entre ses mains, la mécanique anglaise ne peut qu’être belle.

Texte et photos Christophe Le Bas