En cette fin du mois de février, nous sommes bien loin de Las Vegas où se tourne un clip promotionnel pour le nouveau Scrambler 1100. Très loin, même : il neige à gros flocons sur Borgo Panigale, et nous sommes coincés dans le Scrambler Camp, à un jet de pierre de l’usine Ducati. Nous tenterons bien une sortie en petites Scrambler au restaurant éponyme, de l’autre côté de la ville, mais avant, nous avons notamment rendez-vous avec Jérémy Faraud. Jérémy, c’est un tout jeune, mais super, designer entré il y a quelques années chez Ducati et qui s’est rapidement retrouvé à bosser sur le Scrambler. Le nouveau Scrambler, le 1100 qui vient compléter la marque : «  Nous avons lancé Scrambler avec l’Icon il y a quatre ans, explique Claudio de Angeli, qui pilote la marque. Nous avons renforcé la gamme il y a deux ans avec le Sixty2.  Et nous l’upgradons aujourd’hui avec le 1100. Nous avons désormais une gamme complète, comme autrefois avec les 250, 350 et 450. »

Le nouveau Scrambler est décliné en trois modèles : 1100, Sport et Special. #ridebigger, résume l’équipe, ce qui veut dire des machines haut de gamme, à la finition améliorée et aux performances augmentées : «L’upsizing est très fréquent dans la voiture, mais dans la moto, c’est une première, explique Jérémy. Le défi était grand mais le brief pourtant simple : garder le même esprit, tout en faisant une moto plus imposante, plus masculine. »

Les données parle d’elles-mêmes : empattement plus grand de 69 mm par rapport à la 800 (1514mm), selle plus haute de 20 mm (810mm), roue avant plus large de 100 mm (120), poids supérieur de 10 kg et puissance accrue de 11 ch (86 ch). « Il fallait offrir une moto plus mûre, dit Jérémy. Pour cela nous avons notamment apporté beaucoup de soins aux détails, utilisé beaucoup de pièces en alu et non plus en plastique, mieux dessiné les accessoires comme les panneaux de réservoir. Il fallait montrer quelque chose de différent sans toucher à la ligne générale. Positionner les échappements sous la selle était une façon d’y parvenir, de donner aussi un côté plus sportif dans l’ADN Ducati. »

Le cadre est fabriqué en tubes de plus grosse section : ils ne sont pas forcément plus rigides, mais plus imposants. La boucle arrière en aluminium est démontable : « C’est important pour la customisation : ça évite aux clients de la couper, et ça nous laissera de la latitude pour la déclinaison de futurs modèles. » L’équipement est plus cossu aussi, ce que reflète le tableau de bord, et rond et rectangulaire : « Il est plus gros, plus facile à lire car il y plus d’informations à donner. Pour y arriver, j’ai eu cette idée de garder la forme iconique ronde en ajoutant ce rectangle, qui donne la vitesse au milieu du champ de vision du pilote. » Il y a plus d’infos à donner car le Scrambler 1100 fait le pari de l’électronique avec une poignée de gaz ride-by-waire, un contrôle de traction, trois modes de conduite et même un gyroscope qui permet d’affiner l’ABS dans les virages et d’arrêter automatiquement les clignotants une fois le tournant pris.

Le moteur 1100 est l’ancien Monster EVO retravaillé, avec un temps d’ouverture des soupapes retravaillé, un double allumage mais un seul injecteur par cylindre : « Ce moteur pourrait faire facilement 110 ch, mais ce ne serait pas dans l’esprit Scrambler. Nous avons cherché à ce qu’il soit plus souple, plus régulier. »

L’objectif est-il atteint ? Nous le serons bientôt puisque mardi 20 mars, Cafe Racer aura la chance de l’essayer pour la première fois du côté du Portugal. Patience !