La collection privée du Hockenheim Museum est sans conteste l’une des plus belles d’Europe, l’une des plus actives aussi. Elle comporte quelques centaines de machines, dans un éventail qui s’ouvre de l’origine de la moto et s’étend jusqu’aux protos les plus rares de l’âge d’or des GP500. Un thème sous-jacent unit chacune des parties qui forment cet hallucinant tout : l’innovation technique à travers les âges, l’évolution des mécaniques toujours plus performantes, avec pour acmé la chasse aux records, cette chasse qui écrivit quelques unes de ses plus belles pages sur l’anneau de Montlhéry, avant et après-guerre. Cette chasse qui opposa d’abord les Anglais entre eux, et les notamment les moteurs JAP contre les British Anzani, puis les confronta aux futures puissances de l’Axe, Allemagne et Italie, dès lors qu’elles furent remises des affres de la première guerre mondiale.

Zenith, Brough, JAP, Temple…, tous étaient unis dans un même quête absolue de vitesse, dans une course à l’innovation pure, pour un seul propos : aller toujours plus vite, plus loin et, éventuellement, plus longtemps. Cette lutte permanente poussait les ingénieurs a sans cesse explorer de nouveaux territoires, ceux de la distribution et de la suralimentation, pour avoir toujours plus de puissance. Chaque tentative était en soi une aventure, onéreuse car il fallait louer un circuit ou fermer une route, approximative car toujours dépendante de la météo comme de la qualité de l’essence disponible. Surtout, il fallait avoir le bon pilote, capable de tirer le meilleur de ces mécaniques. Ces champions étaient d’une précision rare pour accélérer au mieux, freiner au mieux aussi, car ils devaient savoir ralentir doucement pour continuer à bien lubrifier les moteurs qui avaient un chrono de retour à affectuer. Ces héros n’étaient qu’une poignée : Bert Le Vack, Eric Fernihough, Claude Temple, qui devint constructeur après son mariage… L’exposition du Cafe Racer Festival sera un hommage à leur courage, aussi.

Cette exposition extraordinaire est notamment organisée avec le concours de François-Marie Dumas : ancien essayeur dans la presse spécialisée, ancien concepteur de motos pour le compte de Yamaha, FMD est un historien reconnu dont le blog contera jusqu’au Festival la merveilleuse aventure de ces machines que nous vous présenterons à Montlhéry. Ça commence ici avec la McEvoy 1000 8 soupapes de 1924 et la NSU 250 Sportmax, dont l’histoire sera aussi écrite par les célèbres Monneret, Georges et son fils Pierre.

Photos moto-collection.org et DB

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