La Factory 2 est prête à accueillir ses fans : Triumph vient d’inaugurer un espace public dans son usine la plus active d’Hinckley. Ouvert cinq jours sur sept à compter du premier niveau, ce salon-musée s’étale sur deux niveaux. Au premier, se trouve un café réhaussé d’un spectaculaire mur des moteurs qui ont fait l’histoire de Triumph, et une exposition de machines emblématiques de la marque, du premier modèle de 1902 aux stars hollywoodiennes dont la TR-6 de la Grande Evasion fraîchement restaurée, en passant par quelques racers sont la Rob North de Gene Romero.

A l’étage, avant d’accéder à l’incontournable boutique, le visiteur est appelé à mieux connaitre le métier de constructeur, des premières fonderies d’aluminium aux assemblages effectués entre l’Angleterre et la Thailande. Le plus intéressant de ces espaces concernent les étapes de développement d’un modèle, en l’occurrence le désormais célèbre Bonneville Bobber.

La première étape de ce développe concerne bien sûr le design, et notamment la sculpture de clay. Cette étape permet aux designers d’affiner en trois dimensions les dessins effectués au préalable sur ordinateur. Elle est réalisée à l’échelle 1 sur un châssis proche du modèle définitif, le lancement antérieur de la gamme Bonneville permettant d’y ajouter un moteur quasi-définitif. Réservoir et selle ont été sculptés à la main par les designers, qui peuvent affiner à volonté leur dessin ; mais ils travaillent là en étroite collaboration avec les ingénieurs pour vérifier en direct la faisabilité des pièces. Une fois les formes définitives adoptées, elles sont ensuite modélisées par ordinateur.

Le châssis du Bobber défini dans ses grandes, commencent les tests sur route de ce qu’on appelle une mule : le nouveau moteur n’étant pas prêt encore, un ancien 900 à air y est installé. Le but de ces tests est de valider la géométrie de la machine (empattement, angle de colonne, chasse) et son ergonomie (dessin du guidon, position des repose-pied et confort de la selle). Cette selle est d’ailleurs un bricolage, car ces essais permettront aussi de définir les deux positions (avant-haute / arrière-basse) que permettra la moto définitive.

Ce n’est pas la plus belle des machines de pré-série, mais assurément la plus technique. Sur ce modèle de pré-production (l’usine peut en construire jusqu’à 60 avant de lancer la production), on remarque évidemment le top-case les nombreux câbles qui en sortent : il contient un ordinateur qui enregistre les températures de fonctionnement de toutes les pièces grâce à des capteurs disséminés sur la machine. Avant de passer en production, un nouveau modèle doit ainsi passer avec succès une batterie de 55 tests différents.

Vous avez compris maintenant pourquoi il faut compter environ deux ans pour le développement d’une nouvelle Triumph !