Nous avions récemment fait connaissance de la nouvelle Thruxton R, et tout à l’excitation de cette révélation, nous avions quelque peu délaissé la T120. Black, la T120. Triumph avait bien senti le coup, d’ailleurs, qui nous avait laissés l’enfourcher avant son café-racer. De peur qu’elle paraisse un poil fade en comparaison ? Ce n’est pas le terme qui convient, non : la T120 est plus classique, plus urbaine aussi, au sens policée, que la Thruxton R. Elle est surtout plus attendue, cette fois au sens convenue.

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Plus attendue parce que la T120 reste fondamentalement une Bonneville… telle que l’entendent ceux qui ont découvert le patronyme avec la néo-classique d’Hinckley : définition, gabarit, galbes du réservoir, cette T120 demeure, parmi les cinq modèles de la nouvelle gamme Bonneville, le plus proche de l’ancien modèle. Du coup, on a l’impression de la connaître déjà, et pourtant elle n’a rien à voir avec sa devancière. Le constructeur a tout repensé, redessiné et refabriqué, à commencer par le moteur. Cubant 30% de plus que son prédécesseur, ce bloc fait pourtant beaucoup moins massif tant les ingénieurs et designers ont soigné chaque pièce mécanique, s’inspirant pour le coup de la première Bonneville, celle de 1959 : carters, culasse et jusqu’aux caches injecteurs d’inspiration Amal, l’inspiration est très classique, et la qualité de fabrication est de haut niveau. Ce nouveau moteur est pourtant ultra-moderne pour répondre aux normes Euro-4. Il embarque ce qui se fait de plus actuel en termes d’électronique, ce qui permet de proposer l’ABS, bien sûr, mais aussi un traction-control et deux modes de gestion moteur, Road et Rain, plus doux. L’équipement up-to date se complète de feux à leds, de poignées chauffantes, d’une clé à transpondeur et même d’une prise USB. Et Triumph n’a pas oublié des accessoires plus classiques, comme une grande poignée passager mais surtout une béquille centrale, ce qui, de série, se fait de plus en plus rare.

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Une fois en selle, une selle plus fine mais qui offre un plus grand confort grâce à une nouvelle mousse, la position de conduite est parfaite. Il faut faire un peu d’efforts pour relever la moto de sa béquille (la Bonneville n’a pas doublé sa cure de jouvence d’une cure d’amiagrissement), mais dès les premiers tours de roues, elle fait preuve d’un équilibre à toute épreuve. On roule tranquille, serein, bien calé au guidon, en savourant la belle sonorité qui s’échappe des deux pots saucisson.

Désormais calé à 270°, pour limiter les vibrations, le nouveau twin 1200, est le point fort de la moto. Dans sa version Hi Torque, il brille effectivement par son gros couple : les ingénieurs annoncent un couple maxi de 105 Nm, présent dès 3100 tours. Cela signifie que la T120 tracte, dès les bas régimes et quel que soit le rapport engagé : on tourne la poignée et ça part. La puissance du moteur est limitée à 80 chevaux (soit 17 de moins que la Thruxton) à 6 550 tours, ce qui est largement suffisant pour ce roadster néo-classique, mais le twin grimpe si bien dans les tours qu’on se retrouve rapidement au rupteur. Du coup, on aimerait parfois un peu plus d’allonge. Mais il est vrai que la T120 laisse le sport à la Thruxton ; son truc, c’est plutôt le ride à la cool. On choisit son rapport en fonction du profil de la route, le troisième par exemple, et on en change plus : on coupe pour se ralentir en entrée de virage, on tourne en sortie, et ça repart. C’est tranquille, efficace, et surtout agréable.

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La partie-cycle n’est de toute façon pas taillée pour l’attaque outrancière. La moto est très stable, plutôt bien suspendue (même si les amortisseurs méritent d’être raffermis), mais elle est pour le coup nettement moins vive que la Thruxton : la roue avant de 18 pouces et son angle de chasse plus ouvert n’y sont bien sûr pas étrangers. Mais s’il fallait faire un seul bémol sur la Bonneville, ce serait son freinage, qui mériterait de gagner un poil en puissance et en feeling. Et on le pensait avant d’avoir goûté au freinage hi-tech de la Thruxton R.

Pour 2000 euros de plus environ que la précédente Bonneville, Triumph propose une nouvelle moto de qualité “100% supérieure” : équipement, caractère, performances, qualité de fabrication, finition, la T120 progresse à tous les niveaux, et de façon plus que substancielle. Pour les quelques nostalgiques qui préfèreront l’ancien modèle contre vents et marées, le constructeur a bien conservé dans sa gamme le précédent Scrambler. Il n’y a pourtant pas photos : cette T120 place la barre beaucoup plus haut. Et surtout dans cette version Black, si belle et tellement plus contemporaine que la T120 classique.

Texte Bertrand Bussillet. Photos Triumph.

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Fiche technique

Moteur : bicylindre parallèle calé à 270° – 1200 cm3 – 1 ACT, 8 soupapes – injection électronique – 80 chevaux à 6550 tr/mn – 105 Nm à 3100 tr/mn – Boite à 6 rapports.

Partie-cycle : cadre double berceau en acier – bras oscillant en acier – roues en aluminium, 32 rayons, AV : 18” AR : 17” – fourche Kayaba, 120 mm de débattement – deux amortisseurs Kayaba, 120 mm de débattement – freinage : 2 disques avant de 310 mm avec étriers Nissin à deux pistons ; 1 disque Nissin arrière de 255 mm – ABS

Dimensions : hauteur de selle 785 mm – empattement 1445 mm – réservoir d’essence 14,5 l – poids à sec 224 kg

Coloris

T120 : Jet Black, Cinder Red, Jet Black & Pure White, Cranberry Red & AluminiumSilver

T120 Black : Jet Black, Matt Graphite

Prix : 11 900 euros (12 140 € pour les versions bicolores)

www.triumph.fr

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