Atelier Barbier’s : concave XJR

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La passion pour la moto qui anime nos lecteurs incite parfois certains amateurs à changer de métier. C’est le cas d’Olivier Barbier, pâtissier de formation, qui a rapidement opté pour le travail mécanique. Si à ses débuts, les moules à gâteaux côtoyaient dans la même journée les filtres à huile, Olivier s’est finalement décidé à professionnaliser sa passion. Après 35 ans passés à travailler sur différentes machines et l’obtention d’un brevet de maîtrise en mécanique, il nous présente aujourd’hui sa dernière création, une Yamaha 1200 XJR de 1997. Moteur !

La naissance d’un nouveau projet n’est pas une science exacte. Les étapes de son développement sont parfois longues et capricieuses. Dans le cas de cette 1200 XJR, tout commence autour de la moto incomplète d’un client. Olivier, qui prépare, restaure et entretient toutes sortes de machines depuis quatre ans dans son atelier de Six-Fours-les-Plages, décide finalement d’acquérir cette base (il manque les amortisseurs, le bras oscillant, le réservoir, la selle…). Son idée ? Faire un jour de ces bouts de XJR, une très belle prépa comme on se l’est souvent dit… Inévitablement, les restes de la machine ont tout d’abord passés le début de leurs vies à attendre, bien au chaud sous l’établi ! Ce n’est que quelques temps après, lors d’une reprise de véhicule client, qu’Olivier a le déclic en tombant sur un réservoir de Shadow 125. Amoureux depuis toujours de la Honda CBX et son très large moteur qui dépasse de chaque côté de machine, il avait à cœur de retrouver cette caractéristique sur sa prépa en jouant sur la largeur du réservoir. Olivier désirait avec cette XJR, avoir le sentiment d’être véritablement assis sur le moteur Yamaha qu’il trouve magnifique. Les belles ailettes des culasses qui dépassent de chaque côté, devaient ainsi ressortir plus que de raison. C’est ce qui l’a amené à retravailler les flancs de l’ancien bidon de la Shadow, pour le monter sur le large berceau de sa XJR.

Partant du réservoir Honda, Olivier a ainsi martelé ses flancs pour les rendre concaves. Ainsi, à partir des classiques bosselages du réservoir allant vers l’extérieur de chaque coté, les courbes du nouveau bidon modifié, filent dorénavant vers l’intérieur. A hauteur des culasses, ces deux parties concaves se touchent presque d’ailleurs à l’intérieur! Dès lors, en fonction de l’angle choisi lorsque l’on regarde la machine, ce réservoir peut ainsi apparaître en trompe l’œil. Plus court de 4 cm par rapport à celui d’origine de la XJR, ce nouvel élément réussit à créer l’illusion et faire plus encore ressortir vu du dessus, les volumes du quatre cylindres en ligne. On retrouve ainsi, toutes proportions gardées, la différence de volumes entre la largeur du moteur et celle du réservoir de l’emblématique CBX. Mission accomplie !

Ce réservoir revu et corrigé se voit ensuite adapté sur un cadre, lui aussi largement modifié. Découpé à l’arrière, il retrouve au niveau de sa poupe, une toute nouvelle boucle qui incorpore un bandeau de LED pour la signalisation. Rallongée avec du tube de 22, cette boucle est désormais renforcée en partie basse par d’anciens guidons de moto cintrés et soudés directement sur le berceau principal. L’ensemble supporte un cul de selle en polyester (18 cm de large au plus étroit) qui cache la batterie, le relais du démarreur et une bonne partie du faisceau électrique. L’assise pour finir, se voit simplement formée d’une fine mousse autocollante très racing, plus en phase avec l’esprit de la machine qu’un classique élément recouvert de cuir.

Le bras oscillant mérite ensuite que l’on s’attarde sur son cas. C’est en réalisant l’entretien d’un Fazer 1000, modèle 2000 à carbu, qu’Olivier se rend compte que son bras oscillant pouvait facilement se monter sur sa prépa. Entendez évidemment par « facile », le fait que cet élément et son amortisseur d’origine, rentraient simplement au niveau de l’entraxe du cadre… Pour finaliser le montage, il fallut tout de même recréer l’ensemble des supports inférieurs et supérieurs de l’amortisseur pour adapter le tout ! Le système d’ancrage de la biellette sous la machine et le support de la tête d’amortisseur, ont ainsi dû être repensés dans leur intégralité.

Dès lors, avec de telles modifications, se pose la question des proportions de la moto. Ainsi équipée, cette XJR 1200 a désormais un bras oscillant plus long de 4cm et un cul de selle bien plus court que le modèle d’origine. Ces importants changements donnent alors à cette Yamaha un petit côté « machine de montée impossible », avec son bras oscillant démesurément long. Et ce n’est pas le nouveau support de plaque, réalisé par Olivier et placé au bout de la roue arrière, qui réduit cette impression… bien au contraire !

A l’avant, la fourche de la XJR qui a récupéré des soufflets, garde sa jante et son freinage d’origine avec des durites, type aviation. Son garde-boue a été modifié par Olivier, avant de passer avec le cadre, le réservoir et le cul de selle, par les établissements Sud custom peinture à la Seyne-sur-Mer. Leurs mains expertes ont appliqué ce mélange d’ivoire et d’orange pailletés Métalflex, avec le logo de l’atelier sur le réservoir. De son côté, Olivier s’est chargé de passer la couche noire vermiculée sur le moteur, le phare et le support de plaque. Près de 1500 € ont été nécessaires pour arriver à ce résultat au niveau de la peinture. Le Té de fourche supérieur et le pontet de guidon ont ensuite été complètement retravaillés, après avoir ôté le neiman. Si le nouveau compteur Acewell prend la place de ce contacteur, ce neiman est dorénavant situé à côté du reniflard d’huile. Pour finir, le phare d’origine a été remplacé par un modèle Harley de V-Rod, supporté en partie basse, par un fer à cheval réalisé par l’atelier Barbier‘s. Le guidon Dragbar et ses clignotants embout Motogadget, finissent quant à eux d‘épurer le train avant.

Pour finir, notre XJR peut compter au niveau mécanique sur son vaillant quatre cylindres d’origine, qui reçut après une importante révision, le passage à un kit DynoJet Stage 3 au niveau de carburation. Développant dorénavant un peu plus de 100ch, avec des pipes d’admission de FJ (Ref. X36) de plus gros diamètres, le tout a gagné en couple sur l’ensemble de la courbe et de l’agrément de conduite. Le collecteur d’origine reçoit des bandes thermiques et la boite à fumée d’origine est conservée. Deux silencieux en carbon assez courts finissent l’échappement, juste sous le début du bras oscillant. Après de longs mois de réalisation, Olivier est aujourd’hui en phase de mise au point de la carburation. Porte drapeau de son savoir-faire, notre homme a cependant déjà en tête le prochain projet, une BMW K100 avec l’amortisseur travaillant en position horizontale… Affaire à suivre !