Breizh Coast Kustoms : coup de foudre

Depuis quelques années, l’horizon de Yann Le-Douche s’est sérieusement aplani. Ancien mécanicien sur hélicoptère dans l’armée, passé par l’Ecole de la performance à Nogaro, puis membre de la célèbre écurie belge Alstare, le quadra quimpérois a plutôt bourlingué dans ses premières vies professionnelles, les racines bretonnes certainement : « Mon rêve avait toujours été de devenir le mécanicien de Stéphane Chambon. J’ai contacté et recontacté plusieurs fois Alstare, et je suis parvenu à y rentrer en 2002. » Chambon disputait alors son antépénultième saison en mondial Supersport avec l’écurie belge, mais Yann restera jusqu’en 2009 chez le célèbre manager Francis Batta où il côtoiera encore Troy Corser et Max Biaggi. De retour à la vie “civile” à Quimper, Yann monte sa structure Breizh Coast Kustoms, mais c’est quelque peu tout terrain : BCK fait de la mécanique, avec la fabrication d’un premier bobber sur base Yamaha XS, du graphisme avec la création des décos du team BMW-France en endurance, ou encore de la distribution de pièces américaines Nash pour choppers. Mais lors d’un voyage à Daytona en 2012, Yann a un coup de foudre pour le flat qu’il découvre en mode short-track sur le stadium du comté de Volusia. BCK a définitivement trouvé sa voie : elle est plane, donc, et tourne à gauche.

Celui qui revendique la construction de 30 motos en dix ans délaisse à cette époque bobbers et choppers pour se spécialiser dans les trackers, qu’ils soient de route ou pas. Les bases sont japonaises essentiellement, il y a du monocylindre d’origine Honda ou Suzuki, des twins Yamaha XS également. On retrouve quelques constantes dans les constructions de Yann, des points communs comme un usage régulier de réservoirs de Honda 125 Custom, il est vrai propice au genre street-tracker, de roues de Kawa KZ en alliage et à sept bâtons ou encore de pièces en tôle qu’il martèle lui-même : il avait pu suivire une formation de tôlier à l’armée, et c’est ainsi qu’il a pu fabriquer des pièces d’habillage pour des créations récentes, un Sportster 1200 et une Bonneville 900.

A force de rêver ovales, glisses et coude à coude, Yann a surtout décidé de se lancer à son tour, et enfin, dans la course. Il a commencé par se construire sa propre race-bike, option Hooligan, cette catégorie réservée aux grosses cylindrées dérivées de la route. La base est un Sportster 883 de 1986, réalésé en 1200 avec un kit Wiseco. L’exercice est très classique mais joliment réalisé. Le twin est gonflé avec un gros carbu S&S Super E, des échappements maison. L’habillage est déniché chez Redmax Speedshop, avec une selle XR et un réservoir Trackmaster. Un grand guidon LSL, une paire des roues en 19 pouces montées avec des Maxxis DTR-1 et roule : Yann connait ses premiers émois sur la cendrée, notamment au Dirt Quake alors organisé par Gary Inman.

Les gros 1200, ce n’est cependant pas le plus facile pour apprendre la glisse, et notamment sur les petites pistes françaises comme Mâcon ou Morizès. Yann entreprend donc la construction d’une seconde machine, toujours avec ses couleurs noir-blanc-rouge. La base est cette fois un monocylindre Honda 600 XL, millésime 87. Ou du moins la partie-cycle, puisque Yann remplace le moteur par un XLR de 85 sans démarreur électrique : ce n’est pas le confort qu’on cherche en compétition, mais bien la légèreté, quitte à supporter quelques retours de kick (d’où le surnom de la machine, Bone Destroyer). Bras oscillant et cadre sont modifiés pour passer en double amortisseurs Bitubo. La fourche est d’origine Yamaha, et l’ensemble monté avec les fameuses roues en alliage d’origine Kawasaki. Le fournisseur de l’habillage reste Redmax, mais avec cette fois un petit réservoir Champion et une selle Knight. L’ensemble est bien réalisé, une fois de plus. Et surtout compétitif. Soutenu par quelques partenaires fidèles, Yann est désormais prêt pour attaquer sa saison 2019 avec ces deux machines numérotées 29. Breizh oblige !

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