Design : la Katana expliquée par son créateur

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On en parlait depuis si longtemps qu’elle a fini par arriver. Et bien arriver, d’ailleurs : Suzuki réédite avec un certain succès la célèbre Katana, icône initialement sortie en 1981 et célèbre pour son design signé de l’Allemand Hans Muth. C’est cette fois Rodolfo Frascoli, en Italie, qui a travaillé sur le projet, en partant de la Suzuki GSX-S 1000 : la partie-cycle, avec son cadre périmétrique en alu, et le quatre cylindres refroidi par eau son identiques. Le travail a donc porté sur l’habillage, vraiment dans l’esprit des années 80, avec le phare avant qui se prolonge loin devant, la selle bi-ton, le réservoir intégré et l’arrière court. Bien sûr, c’est construit à la mode d’aujourd’hui, avec des nombreuses pièces de carrosserie et autres caches, qui finissent par masquer entièrement le moteur quand il était largement visible sur le modèle initial. De même, la nouvelle Katana perd un peu de son esprit café-racer avec un grand guidon en remplacement des bracelets.

Rodolfo Frascoli nous en explique la genèse.

Avec la tendance néo-vintage, il était évident, de notre point de vue, de relancer le Katana. Est-ce la même chose pour Suzuki ?

Il est correct de parler de néo-vintage plutôt que de vintage car la Katana 2018 réinterprète l’esprit de l’original avec un contenu tout à fait moderne. Les Japonais voient la même chose et leur enthousiasme pour cette moto est incroyable.

La partie-cycle est tout à fait moderne. Est-il difficile de créer une moto classique avec un cadre en aluminium ?

Il n’y a aucune difficulté, seulement des avantages, car le châssis de la GSX-S n’est pas envahissant et est bien intégré au moteur. La nouvelle Katana est une moto 100% moderne au point que, même si j’en avais eu l’occasion ou la possibilité, je n’aurais pas conçu un cadre en tubes d’acier s’inspirant du cadre de Katana de 1981.

Les lignes générales de la moto sont très proches de l’historique. Mais dans les détails, tout est plus sophistiqué et compliqué avec beaucoup de petites pièces ou caches. Pourquoi une telle complexité ?

Je dirais que le terme sophistiqué est bien adapté au style de Katana. C’est un projet avec une grande attention aux détails, donc plus riche que compliqué. J’aurais aimé que la zone centrale (le réservoir et la selle) soit légèrement plus légère et plus simple que le premier croquis, mais il fallait dissimuler le volume (non négociable) de la boîte à air, d’où un langage formel légèrement plus élaboré.

Sur le modèle historique, la Katana est montée avec des bracelets, mais un grand guidon sur la nouvelle. Pourquoi ce choix ?

La Katana de 81 était en fait une supersport et les bracelets avaient du sens. La Katana 2018 vise un marché beaucoup plus large, d’où le choix d’un guidon plus confortable.

Pensez-vous que la Katana sera facile à modifier pour les préparateurs ?

Comme toutes les motos au design très solide et sophistiqué, la Katana sera plus difficile à personnaliser mais certainement pas impossible : plus que de modifier la carrosserie, je pense avant tout à l’échappement, les rétroviseurs et, bien sûr, le guidon…