Disparition : Denis Sire, le dernier dandy

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Iconoclaste, talentueux, exigeant, provocateur, cultivé, acharné, rêveur : Denis Sire était tout cela, et bien plus encore, lui qui fut l’un des grands, sinon le grand animateur de la scène artistico-mécanique parisienne. Né en 1953 à Saint-Nazaire, fils d’un architecte-motard, Denis Sire avait grandi sur la butte Montmartre dans les années 60 et entra aux Arts Appliqués à 16 ans, où il rencontra Franck Margerin. Les deux compères créèrent ensemble deux groupes de rock, Los Crados puis Dennis’ Twist ; ils incarnèrent surtout une nouvelle vague de dessinateurs, passionnés de motos et de musique. Denis Sire publia ses premières planches dans Métal Hurlant en 1976, puis rejoignit L’Echo des Savanes en 1988 et collabora notamment avec Jean-Pierre Dionnet et Philippe Manœuvre, deux grands passeurs de la nouvelle culture américaine.

Fort d’une grande érudition mécanique et d’un trait à la finesse rare, Denis Sire construisit une très grande partie de son œuvre autour de ses passions pour les grandes heures de l’aviation, de l’automobile et de la compétition. Mais c’est la moto qui restera comme le grand moteur de sa vie, lui qui découvrit les joies du pilotage à 18 ans sur une Moto Morini. Il posséda de nombreuses bécanes parmi lesquelles des Harley, des Triumph, des BMW et une Norton, une BSA ou encore une Aermacchi. Fou de course en général et du Tourist Trophy en particulier, il immortalisa bien sûr les machines les plus célèbres et les plus performantes tout au long de ses nombreux ouvrages, notamment dans Mon Continental Circus à Moi (2000) ou dans ses deux dernières publications, la série Baron d’Holbach aux édition Zanpano.

Denis Sire est décédé ce mercredi 16 janvier des suites d’une longue maladie, selon la formule consacrée. Il avait 65 ans.

Jimmie Guthrie et sa Norton modèle 40, au TT 1933, in Baron d’Holbach. © Denis Sire / Zanpano Edition.