Fantic Caballero 500 Rally : séduction vénitienne

La Caballero, version gros moulin, s’enrichit d’une nouvelle version : la Rally 500. Nous la découvrons en ce début octobre dans les montagnes de Vénétie en Italie. On retrouve au premier coup d’œil une machine valorisante dans son ensemble. Par rapport à sa « cousine » Scrambler, la Rally étonne par ses proportions : le débattement des suspensions a augmenté de 50 mm. La hauteur de selle gagne aussi 15 mm.

Sa présentation générale est aussi séduisante avec de l’aluminium présent un peu partout, des tés de fourche usinés dans la masse, un appréciable échappement haut en inox et un bras oscillant dont le dessin est issu du cross. De nombreux accessoires attirent le regard : le mignon phare full LED grillagé d’origine, la massive fourche inversée, le saute-vent et encore la plaque porte-numéro. L’insert porte-paquet sur le dessus du réservoir kaki faitréférence aux anciens modèles de la marque. En revanche, la tripaille électrique est trop visible, particulièrement autour du moulin.

J’enfourche la belle et découvre une position de conduite typée trail : je suis bien assis sur une selle épaisse et confortable à la longue, mais dont le revêtement arrive à glisser sur la mousse en dessous… Légèrement rentré dans la machine et pas complètement posé dessus, on garde le dos assez droit et les bras presque tendus : la position du haut corps est assez reposée. Si le passage de l’échappement à droite frotte légèrement le mollet, je ne ressens pas excessivement la chaleur qui se dégage. Mais cette excroissance peut cependant être parfois gênante en tout terrain, debout sur les repose-pied.

Avec mon petit mètre quatre-vingts, je pose facilement les deux pieds au sol. Le guidon n’est pas trop large avec une barre transversale et une belle mousse signée Fantic. Il est affublé sur la gauche d’un rigolo commodo rond avec des stries pour le passage en plein phare et d’une poignée d’accélérateur Domino qui fleure bon les eighties ! Le minuscule tableau de bord est excentré sur la droite, avec sa fenêtre LCD ronde et ses deux boutons d’accès Select et Adjust. S’il contient les classiques informations nécessaires à la bonne marche de votre trajet, le compte-tours à barres sur le pourtour est trop petit pour être lu correctement.

L’arcade du réservoir permet de bien enserrer la machine pour attaquer les premiers tours de roues. Avec 150 kg à sec et un mono de 40 ch à 7 500 tr/min, la Fantic est réjouissante et facile d’accès. Elle braque convenablement et se faufile à basse vitesse facilement dans la circulation urbaine… à condition d’être sur le bon rapport pour éviter les à-coups. Sur les petites routes, le mono apparaît assez vif et amusant. Il délivre sa “modeste” puissance avec entrain et vigueur jusqu’aux alentours des 6 500 tr/mn. Parcours très montagneux, chemins et petites routes de crêtes : ce terrain de jeu est idéal pour faire ressortir les qualités de ce moulin. Il y est très habile avec des changements de régimes fréquents entre chaque épingle. Le verrouillage de la boite de vitesses est cependant un peu flou. Si le moulin distille des bruits mécaniques typiques des monocylindres, l’échappement, lui, est assez brillant et nous gratifie de nombreuses pétarades et crépitations à la retenue. Rigolo !

Bien que les vitesses atteintes soient peu élevées, la prise au vent est importante et le petit saute-vent au dessus du phare peine à faire son travail. Les écopes du radiateur protègent un peu les genoux des remous, mais c’est léger.

La partie-cycle paraît plus souple et confortable sur la route que la version Scrambler. Avec sa fourche de 43mm de diamètre et un amortisseur réglable en tous sens, la machine a tendance « à vivre » un peu dans les grandes courbes et à piquer du nez au freinage. Avec ces réglages, cette Rally se trouve du coup plus à l’aise dans les chemins, gommant correctement le relief des pistes. Mais elle peut arriver à talonner de l’arrière sur un gros choc. On s’amuse rapidement à la faire dériver du train arrière, et son faible poids permet de la contrôler facilement. Reste la question du freinage : il est puissant mais paraît moins accrocheur sur cette Rally que sur le Scrambler pour une utilisation routière.

Affichée 7 190 €, cette Fantic apparaît polyvalente, simple et ludique. Elle est capable de se jouer des affres de la circulation en ville la semaine, et de vous emmener dans une petite baroude dans les cols le weekend. Avec sa mignonne petite bouille, sa facilité d’utilisation et un tarif placé, cette Fantic Caballero 500 Rally a des arguments pour convaincre.

Texte Matthieu Brotel. Photos Fantic.

Fiche technique

Moteur : monocylindre 4 temps Euro 4, à refroidissement liquide, 4 soupapes – Cylindrée : 449 cm3 ( 94,5 x 64 mm ) – Puissance : 40 ch à 7 500 tr/min – Couple : 43 Nm à 6 000 tr/min – Boîte de vitesses : 6 rapports – Cadre : simple berceau dédoublé en acier CrMo – Suspension avant : fourche FANTIC FRS ø43mm inversée, réglable, déb. 200 mm – Suspension arrière : bras oscillant en aluminium à section variable et Pro-link ; mono-amortisseur FANTIC FRS, réglable, déb. 200 mm – Frein avant : 1 disque flottant ø320mm, étrier radial à 2 pistons ByBre – Frein arrière : 1 disque « wave » ø230mm, étrier simple piston – Roues : 19’’ / 17’’ – Hauteur de selle : 860 mm – Poids à vide : 150 kg – Réservoir : 12l – Prix : 7 190 €

www.caballerofantic.com

Fantic : le retour du quinqua

Fondée en 1968 en Italie, la Fantic Motor Company est forte d’un demi-siècle d’histoire liée au tout-terrain moto. Le début des années 80 fut particulièrement faste pour la marque lombarde, en enduro, en trial comme en cross. Ainsi la Caballero remporta en 1979 les titres italiens, français et européens en 50 et 125, en enduro comme en trial. L’usine comptait à cette époque 250 employés et produisait plus de 50 000 unités sur quatorze modèles.

Fin 2014, des investisseurs italiens ont décidé de capitaliser sur ce glorieux passé pour relancer la marque et son modèle-phare. Sont ainsi mises en production les Cabalerro en 125, 250 et 500 cm3, versions Scrambler et Flat Track.