Ryan Roadkill est un illustrateur anglais qui a choisi de marier deux passions : la moto et le dessin bien sûr. Avec ses squelettes, ses motos électriques ou cross, il a esquissé les traits d’un univers punk bercé par la pop culture et les comics. Plusieurs événements moto du Royaume-Uni ont fait appel à lui pour créer leurs affiches. Embrassant un succès grandissant, la liste de ses clients ne cesse de s’allonger. Portrait d’un passionné.

Bonjour Ryan ! Peux-tu nous présenter davantage ton travail ?

Je travaille sous le nom de Ryan Roadkill. Je vis et je travaille au Royaume-Uni, pas très loin de Newcastle. Étant un peu excentré de la capitale, je suis relativement loin de la plupart des événements moto qui ont lieu. Mais j’essaie d’y remédier. Ces dernières années, mon travail a beaucoup évolué. Aujourd’hui, l’utilisation du pinceau et de l’encre sont au cœur de la plupart de mes travaux. Je travaille sur deux tableaux. Le premier est consacré à mes clients, que ce soit des professionnels, des événements ou des publicités etc. Le second concerne mes œuvres personnelles, que je vends directement dans ma boutique et sur mon site.

Il semble que tu aimes les motos électriques et les vintage. Mais est-ce qu’il y a un style ou une moto que tu préfères dessiner plus que les autres ?

Non, pas spécialement. Je n’ai pas de préférence. Cela peut vite devenir redondant et lassant de dessiner la même chose encore et encore… Donc pour moi, c’est plus excitant de me renouveler constamment. Je suis davantage inspiré pour dessiner toute la diversité des motos qui existent. J’adore tout particulièrement illustrer des scènes de flat track ! Elles regorgent de mouvement et de vie. J’aime la façon dont le pilote est suspendu à l’arrière, la vitesse de ride sur laquelle je peux mettre l’accent, la poussière qui vole et le style unique du pied à ce moment-là. Une véritable partie de plaisir pour moi : figer un mouvement est un exercice incroyable.

Est-ce que tu as de plus gros projets en attente ? Comme par exemple une bande dessinée qui respecterait ton style et ta philosophie ?

On me le demande souvent ! Mais non, je n’ai pas encore de projet d’une telle envergure en cours. Pourtant, je vois parfaitement comment mon travail pourrait s’intégrer à une BD ! Travailler avec le bon scénariste formerait certainement un excellent combo. Mais pour le moment, je n’ai pas de plan solide. J’ai fait une série basée sur des scènes de bandes dessinées pour les séries «get schooled» des magazines Sideburn. C’est encore d’actualité d’ailleurs. Néanmoins, j’ai de grands projets. Ce n’est qu’une ébauche dans ma tête pour l’instant, mais je travaille sur un spectacle. Malheureusement, j’ai besoin de faire sauter de nombreux verrous dans mon esprit pour avancer… ! Et ça, ce n’est pas une mince affaire !

Sur ton site, tu définis ton travail comme un art « se faufilant de façon turbulente à travers les écueils d’une pop culture anxieuse ». Est-ce que tu peux approfondir ta définition ?

En gros, j’ai le sentiment que nous regardons et vivons la fin d’une époque, la fin des moteurs à combustion interne ou à énergies fossiles. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi ! J’aborde donc plus souvent le travail avec un regard nostalgique, sur une époque où les motos ou les voitures étaient des véhicules hors-la-loi. Elles étaient soutenues par des personnages anti-héros que les spectateurs choisissent de voir comme bons ou mauvais, masculins ou féminins. J’utilisais beaucoup les squelettes dans mon travail parce qu’ils n’ont ni sexe, ni religion, ni race. Et ils sont également représentatifs de nous tous, sans distinction.
Je m’inquiète de la façon dont la surveillance mettra fin à certaines des manigances qui sont au cœur de l’expérience de la moto. La technologie évolue si vite… Mais les motos restent un véhicule primitif. Quelle que soit la technologie que nous y installons, elles sont en contradiction avec la société moderne. Si je le peux, j’essaie donc de faire un clin d’œil à ces situations dans mon travail.

Et avec tout ça, est-ce que tu prends encore le temps de rouler ?

J’ai trouvé le temps cet été pour rouler ici et là. Mais malheureusement, pas autant que je l’aurais souhaité. J’ai une WR250F que je fais rouler sur les sentiers locaux, autour de chez moi. J’aimerais vraiment la sortir le plus possible l’année prochaine. Je viens tout juste d’acheter une Harley Sportster, préparée dans un style de street tracker, qui est absolument géniale ! Mais encore une fois, j’ai été occupé à travailler et je n’ai pas eu trop de temps pour la conduire. Vous verrez : c’est un thème récurrent avec moi ! J’ai aussi un tracker plat propulsé par Rotax qui n’a pas eu beaucoup d’occasions de rouler cette saison avec tous les confinements et les restrictions liés au Covid. Vivement que 2021 arrive avec son lot de meilleures nouvelles, que je puisse rouler encore plus !

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