Kawasaki H2 SX SE Tourer : Voyage sous pression

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Sur la base de l’incroyable H2R à compresseur (310 ch), Kawasaki développe des modèles plus dociles, dont cette voyageuse baptisée H2 SX SE Tourer. Ce missile sol-sol équipé de valises nous accompagnait donc lors de notre dernier road-trip à Toulouse.

Insatiable chronovore, l’homme moderne cherche des solutions pour optimiser son précieux temps, ou, au moins, pour avoir la sensation de ne pas en perdre. Toujours à l’affût de la bonne réponse aux besoins même chimériques de l’homme de demain, Kawasaki propose donc au motard de (presque) remonter le temps, si tant est qu’il les a bien accrochées… Booster votre voyage, dit la brochure. L’idée de vitesse de déplacement ébouriffante mise à part (il paraît que ce n’est pas un sujet politiquement correct), il y a tout de même largement moyen de se faire plaisir entre deux virages au guidon de la H2 Tourer. Car si le compresseur permet de fournir des chevaux à loisir, la nôtre se limite à 200, il a aussi et surtout l’avantage de booster la courbe de couple à des régimes assez bas. Il fallait au moins ça pour transporter ces deux belles valises sans se sentir lourd.

Les principales différences entre la Tourer que nous essayons et la H2 SX standard, ce sont les valises : exactement deux fois 22 litres, ce qui n’est pas si mal pout une sport-GT, d’autant que la pluspart des casques peuvent s’y loger. En revanche, cette Tourer est lointainement dérivée de la H2R ou même de la H2. Certes on retrouve le moteur à compresseur et le châssis en treillis tubulaire, mais pour le reste on s’est bien éloigné de la fusée originelle. Entre nous, et vu les bornes qu’on s’est tapé (1800), c’est tant mieux. Car en effet, la Tourer est assez confortable, notamment grâce à son carénage enveloppant et sa bulle haute qui protège bien le buste.

 

 

 

 

 

 

 

 

J’en suis un peu honteux mais ne vous cacherai pourtant pas que nous n’avons pas hésité à emprunter l’autoroute pour plus de la moitié de parcours (Paris-Bordeaux-Toulouse-Paris) : n’emprunter que les petites routes nous aurait pris trop de temps, même avec la H2. Sur autoroute donc, l’engin est tout a fait à l’aise. J’ai tenté le diable et nous affirmons que sur les autobahns allemandes, elle aurait été encore plus à l’aise ! La protection est très bonne même pour les grands gabarits. Les jambes sont un peu pliées, c’est son côté sportif, mais la buste est assez droit et les guidons pas trop bas. C’est une GT sportive qui permet donc de voyager à bon rythme et même à deux mais aussi de hausse le rythme sur des routes plus étroites. Attention toutefois, les 256 kg tous pleins faits ne la rendent pas si agile dans les petits cols de montagne.

Outre l’excellente disponibilité de la puissance, le moteur est souple et généreux à tous les régimes, ce qui rend cette machine aussi docile qu’efficace et confortable. Ce bon confort est également dû aux excellentes suspensions, à condition de s’être donné la peine de régler l’amortisseur et la fourche à son goût.

De cette facilité il faut pourtant se méfier un peu : le diabolique moteur étant un incomparable propulseur, on se retrouve souvent à des vitesses intersidérales sans s’en rendre compte. Le virage suivant arrivant alors plus vite que prévu, il faut attraper le levier droit avec force. Dans cette situation parfois tendu, on pourrait presque trouver le freinage un poil tendre. Mais comme le dirait Guido Brasleti : « Le problème viendrait pas plutôt des virages !? »

En somme, cette Kawasaki H2 SX Tourer est une excellente surprise, un inattendu bol d’air frais sur-alimenté. Le compresseur, nous sommes pour, d’autant que contrairement aux vieux turbos que nous avions jadis expérimentés sur les GPZ 750 , le compresseur est doux et distille sa magie sur toute la plage de régime sans surprises désarçonnantes. On en redemande !

Texte Albin Carrière. Photos Jean-François Muguet.

Fiche technique

Moteur : quatre cylindres en ligne, 4 temps, refroidissement liquide avec compresseur – Cylindrée : 998 cm³ – Alésage x course : 76 x 55 mm – Taux de compression : 11.2 à 1 – Distribution : double ACT, 16 soupapes – Alimentation : double injecteurs, 4 papillons de Ø 40 mm – Puissance : 200 ch à 11 000 tr/mn – Couple : 14mkg à 9 500 tr/mn – Transmission : 6 rapports – Cadre : treillis en acier – Freins avant : 2 disques semi-flottants, Ø 320 mm, deux étriers monoblocs radiaux à 4 pistons – Frein arrière : 1 disque Ø 250 mm, étrier à doubles pistons – Suspension avant : fourche inversée Ø 43 mm, réglable en compression, détente et précharge, débattement 120 mm – Suspension arrière : système Uni-Trak avec amortisseur à gaz à réservoir séparé, réglable en compression, détente et précharge, débattement 139 mm – Empattement : 1 480 mm – Hauteur de selle : 835 mm- Poids tous pleins faits : 256 kg – Réservoir : 19 litres – Prix : 21 999 € – www.kawasaki.fr