Dès le matin de ce vendredi 8 décembre, les routes de Corrèze vivent au rythme des motos et side-cars qui convergent vers Meymac où se déroule le pointage pour la célèbre et mythique hivernale internationale motocycliste des Millevaches. Sur deux jours, ce sont plus de 3 200 motards de 9 nationalités qui se retrouvent au milieu de nulle part pour un bivouac aussi gigantesque que chaleureux.

L’idée, issue de Michel Perdrix qui lança la première en 1969 dans des conditions météorologiques exécrables, est simple : « Se retrouver avec ce que l’on peut apporter sur les bécanes et partager dans l’esprit de solidarité et de respect. »

Le Moto-Club Meymacois a relancé cette rencontre particulière en 2009, le 40e anniversaire de la création, avec un succès certain qui se confirme d’année en année. Il fournit le cadre et le bois (plus de 200 stères) et charge aux participants d’y apporter la bonne humeur et l’animation à forte charge émotionnelle.

Une fois le pointage (ou l’inscription de dernière minute) réalisé, tous ces vaillants montent à l’assaut du plateau de Millevaches en longues files hétéroclites, serpentant sur le ruban noir enchâssé dans la neige omniprésente. En effet, pas de sectarisme ici. Les Mobylettes côtoient les plus grosses américaines, les sportives japonaises, les productions européennes comme les ancêtres des pays de l’Est, des plus modernes aux plus anciennes…

Le village de Millevaches à peine passé, un vaste pré, immaculé, accueille les tentes qui entourent l’abreuvoir, le lieu où sont débités des milliers de litres de bière, soupe, café, ou soda. Les premières cohortes rejoignent les précurseurs arrivés quelques jours plus tôt dont un rescapé de l’Authentic, autre hivernale se déroulant dans le Puy de Dôme le week-end précédent et particulièrement difficile cette année.

Le vendredi soir, 70% des participants sont présents, regroupés autour des multiples feux, agglutinés à l’abreuvoir, la chaleur humaine combattant allègrement la rigueur du climat. Ils se retrouvent ou se découvrent, rient, chahutent, refont le monde dans une ambiance débridée. Le lendemain, toute la région est envahie de motos. Les derniers participants rejoignent les troupes établies, des groupes partent en balade découvrir les sites environnants et virevolter sur toutes ces routes tortueuses. Et le soir, tous sont présents sur le bivouac pour partager bons mots, mais aussi mets et boissons des 4 coins de France et d’Europe.

Mais dans cette nuit magique, la pluie mêlée de neige poussée par de violentes rafales de vent calme vite les ardeurs les plus vivaces. Au petit matin, la pluie verglaçante fait redouter les retours. Heureusement, le thermomètre qui repasse rapidement au positif, bien que faiblement, favorise l’action des saleuses qui s’activent dès 6h00. Ils restent donc trois grandes difficultés à affronter. Le rangement du matériel sous le déluge, la sortie des bécanes dans un bourbier et le retour, souvent de plusieurs centaines de kilomètres dans des éléments déchainés …

Mais c’est une hivernale, et, pour la majorité des habitués, cela fait partie du défi !