Philippe Renard n’a pas attendu la mode des flats 80’s pour s’intéresser à ces robustes mécaniques allemandes. Il y a vingt ans, il créait son premier café-racer sur une base de R100, tout de noir vêtu, et enrichi d’un cul de selle en alu et de guidons bracelets. Mécanicien moto de formation, Philippe a d’ailleurs créé Motorace-Eure il y a une quinzaine d‘années : il y réalise au quotidien beaucoup de restaurations et d’entretiens de BMW. Et donc quelques prépas comme cette R100RT de 1981 : « J’ai réalisé cette machine pour Yves, un client qui avait flashé sur ma moto perso ! Un jour, il entre dans l’atelier, voit mon cafe racer BMW qui me sert un peu de carte de visite et me demande de lui faire grosso modo la même machine. Son rêve ? Une BMW au cadre chromé, avec le réservoir et le cul de selle en alu et des jantes à rayons ! »

Après avoir trouvé l‘élue, Philippe commence les travaux par le fastidieux démontage de la RT largement carénée. Cadre et bras oscillant sont envoyés chez le chromeur en région parisienne. Pendant ce temps, notre homme s’attèle à l’usinage de moyeux de série 6 qui doivent être réduits en largeur pour monter les mâchoires de frein Brembo. Le freinage reste ainsi d’origine, malgré des disques neufs, des durites aviation et un maître-cylindre plus moderne. Peints en bleu, les moyeux sont alors rayonnés sur des cercles d’aluminium en 18’’ (chaussés de pneus Avon) pour améliorer l’agilité de la machine.

« Mon client ne voulait pas de grosse modification structurelle sur sa moto, poursuit Philippe. On a du coup gardé la fourche d’origine, le cadre du R 100 et la boucle arrière. » Après reconditionnement, la fourche est agrémentée de petites plaques découpées au laser en remplacement des catadioptres d’origine. Le poste de pilotage reçoit des bracelets Tarozzi avec des clignotants en bout de guidon, un compteur Daytona sur le té supérieur et un petit feu chromé style Bates.

L’ensemble est secondé aux pieds, par des commandes reculées Tommaselli en aluminium usiné. Si le berceau principal du cadre reste inchangé, il est allégé de plusieurs pattes rendues inutiles par le faisceau électrique simplifié. L’ensemble est largement caché sous l’imposant réservoir, une des pièces maitresses de cette prépa. Philippe choisit pour cela un modèle de série 7 qui sera décapé, brossé, puis finalement verni avec de petits logos cafe racer (découpés eux aussi au laser) apposés sur ses flancs.

« Niveau mécanique, la machine est arrivée roulante et en bon état à l’atelier. On n’a fait qu’une grosse révision dessus. » Après réglage des arbre à cames et changement de la segmentation, le flat a été remonté dans les règles de l’art. Pour la carburation, les carbus Bing sont révisés et adoptent des filtres K&N. Les couvre-culasses se parent d’un covering carbone en peinture hydro. Deux belles flûtes Vattier donnent enfin un peu de voix à cette R 100.

Parmi les pièces Motorace-Eure, on retrouve un nouveau bac à batterie et un élégant cul de selle en aluminium et son assise en cuir. L’ensemble fut réalisé par Xavier Parent, de l’atelier Motorne, un maître pour Philippe. Pour améliorer la tenue de route de la machine, l’amortissement est confié à deux combinés filetés HSS réglables. Similaires à des modèles Bitubo, ils permettent d’ajuster aussi à volonté l’assiette de la moto. Au final, il a fallu près de 90 heures de travail échelonnées sur une petite année, pour mener à bien ce projet.

www.motorace-eure.com