Motard, chimiste et bitterois, Jérémie Duchampt a fait ses premières armes mécaniques dans le tuning automobile. « Porté par ma passion de modifier des autos, je me suis dit que je pourrais en faire de même sur les motos. J’ai toujours aimé cet esprit café-racer, mais je n’ai pas souvent vu de Ducati Street Fighter préparée. Alors pourquoi ne pas se lancer ? » Jérémie a acheté ce modèle 1098 S de 2010 complètement stock. Il a longtemps rouler avec, au point d’en tomber amoureux. Une fois qu’il avait entièrement démonté la Ducati, il a acheté une seconde Street Fighter pour continuer à profiter de ses qualités durant les travaux !

« Je ne trouve pas que les machines avec une poutre centrale soit bien adaptées à un café-racer… Pour moi, le treillis Ducati me paraît bien mieux coller à ce style. » Le cadre subit d’ailleurs les premiers travaux, avec un passage chez un artisan chaudronnier pour reprendre la base du berceau principal. Après une petite glissade, les attaches des repose-pieds avaient subi quelques menus dégâts. La belle fourche Öhlins de cette version S est passée entre les mains expertes de Delcamp Energie pour une petite préparation de l’ensemble. Au programme : changement des tubes plongeurs, des roulements de direction et mise en place de ressorts tarés au poids du pilote avec une huile plus visqueuse. Un nouvel amortisseur de direction est monté sur la gauche de la machine. A l’arrière, le combiné fileté Öhlins reste d’origine. Côté freinage, Jérémie se satisfait des étriers Brembo, mais il monte un maître-cylindre de frein radial MSCO. Toujours au guidon, on remarque une fine plaque d’alu découpée au laser et signée « Street Fighter – Cafe Racer N°1». Cette partie avant se complète d’un nouveau phare LED.

Le réservoir est revu en partie basse, au niveau de ses caches latéraux. Initialement en carbon, ces modèles seront surmoulés en poly pour être définitivement fixés à la coque de selle arrière. Difficile à dégoter dans les bonnes proportions, cette dernière dût être adaptée pour que l’ensemble soit harmonieux dans la ligne générale de la machine. Après de nombreuses heures passées à poncer et limer dans tous les sens, l’ensemble a pu recevoir la selle mono recouverte par un sellier local de cuir havane. Le cul de selle cache une partie du circuit électrique simplifié, la batterie au Lithium et le régulateur de tension. On retrouve enfin à son extrémité, un fin bandeau LED pour la signalisation.

Cette coque de selle repose sur une toute nouvelle boucle arrière réalisée par Jérémie. Avec un CAP chaudronnerie en poche, notre chimiste touche-à-tout réalisa cette structure sur mesure en tube d’acier de 20mm. La boucle est ancrée sur le berceau principal, au niveau des fixations d’origine et le fond de selle est entièrement coffré. Près de 20 heures auront été nécessaires pour réaliser et adapter cet ensemble boucle/coque arrière. Une fois fini, l’ensemble fut recouvert de cette emblématique livrée Gulf au bleu très clair et à la bande orange. Tout le travail de mise au point de cette boucle, se retrouve alors dans la démarcation des teintes au niveau des carénages latéraux. Peints en noir brillant en partie basse et bleu clair au dessus, ceux-ci disparaissent ainsi presque de la vue à hauteur de la selle, pour faire ressortir cette belle ligne bleu allant de la poupe de la machine, jusqu’au bas du réservoir. Du travail soigné !

Niveau mécanique, la Street Fighter marche déjà fort avec un peu plus de 150 ch et 11,5 mkg de couple. Jérémie s’est donc contenté de monter un nouvel ECU Ducati Performance (obligatoire avec le silencieux Yoshimura), des bougies iridium, un filtre à air perfo et un échappement quelque peu libéré. Avec ces petits changements et une déferlante de pièces en carbone (garde-boue, divers caches , écopes d’entrée d’air…), la bête gagne une dizaine de chevaux pour 162 kg sans le plein d’essence…. Spectaculaire, l’italienne ?

Texte Matthieu Brotel.