Rayvoltbike Cruzer : voltaïque bicyclette

Non, point de virement de cuti dans cette expérimentation. Simplement de la curiosité. Et puisque dans les cités civilisées, on nous rebat les oreilles avec la solution électrique comme celle à tous nos soucis, je tente une cure de vélo électrique, plein de mauvaise foi et persuadé que cela ne remplacera jamais ma bonne vieille motocyclette à combustion interne.

N’y entendant rien aux vélocipèdes, électrifiés ou pas, je me laisse tenter par un modèle fichtrement stylé. Quitte à déambuler à vélo, autant avoir de l’allure. Il s’agi du Cruzer de chez Rayvoltbike. La marque est espagnole mais le créateur Français : il était venu exposer au dernier Cafe Racer Festival, l’occasion fait donc le larron.

Il s’avère que la position de mon logement par rapport au siège de Cafe Racer occasionne un trajet idéal pour un cycliste : 10 km dont une majorité en sous-bois en halage le long de la Marne puis de la Seine. Une fois dans la capitale, je peux user de pistes cyclables presque jusqu’à mon bureau. A bicyclette non assistée, c’est un trajet que je parcours en 45 mn, contre 20 mn à moto. Avec le Rayvoltbike, je mets 30 mn et peux faire l’aller-retour trois fois c’est-à-dire presque 60 contre une recharge d’au moins trois heures.

Les experts s’étonneront qu’il y ait une si grande différence de temps de parcours avec et sans assistance et, même si je suis un piètre pédaleur, ils ont raison. En effet, normalement, avec un vélo à assistance électrique standard, on va à peine plus vite, mais on se fatigue beaucoup moins : l’assistance est limitée à 25 km/h. Seulement, avec le Rayvoltbike, j’ai fait ce qu’il me semble que beaucoup font… j’ai triché. C’est mal, mais on ne se refait pas : un blouson noir le reste, même à vélo ! J’ai passé ma jeunesse à trafiquer des meules pendant des nuits entières, pour gagner quelques km/h ridicules, alors, quand on m’a fait comprendre qu’il suffisait d’appuyer sur un bouton pour doubler la vitesse de pointe, je ne me suis pas me gêné ! Comme sur de nombreux engins électriques à deux roues, pour le moment en effet, il suffit d’un petit coup de pouce pour passer du monde citoyen modèle au monde dangereux cascadeur…

En passant par le tableau de bord, on paramètre en effet le comportement du Rayvolt à sa guise. En fait le tableau de bord est simplement un smartphone. On peut y choisir la sensibilité de l’assistance au pédalage : le moteur se met en route selon qu’on appuie plus ou moins sur les pédales. On peut également régler la puissance délivrée et enfin la vitesse maximale. Pour ma part, et puisque je trouvais tout ça bien compliqué, j’ai tout mis à fond. Ainsi paramétré, mon autonomie fut de 60 km, sachant que lors des freinages, l’engin récupère de l’énergie pour recharger les batteries. Mais bon, il me semble que ce n’est valable que lors des longues descentes et que l’énergie emmagasinée dans ces descentes devra être consommée pour remonter. Qu’à cela ne tienne, c’est toujours mieux que de s’esquinter les cuisses et arriver au travail en nage… Car ce modèle n’est pas si léger ; en même temps, il ressemble à une moto plus qu’à un vélo, et c’est pour ça qu’on l’a choisi.

Question confort, la position, très cruiser à l’américaine, ne se prête guère au pédalage intensif. Il faut souffrir pour être beau. Du coup, on n’hésite pas à utiliser la gâchette, l’interrupteur qui permet de laisser ses jambes tranquilles. Oui, je sais, ce n’est ni fairplay – ni autorisé. Et j’avais presque honte de doubler les pauvres cyclistes éreintés à près de 50km/h ! Je les entendais à chaque fois se dire que je ne suis rien qu’un tricheur. En théorie, l’homologation lie l’assistance au pédalage ; elle doit se couper à 25 km/h et le moteur ne doit pas excéder 250W. L’assistance au démarrage est aussi autorisée, tant qu’elle ne vous fait pas dépasser 6 km/h. En l’occurrence, mon vélo ne répondant pas totalement à ces critères, il serait à classer dans la catégorie des cyclomoteurs. Ceci impliquerait plaque d’immatriculation, éclairage, clignotants et port du casque homologué, sans oublier les gants, et de surcroît être en possession du brevet de sécurité routière et d’une assurance spécifique. Pour vous dire toute la vérité, alors que je me faufilais à 45 km/h entre les files de voitures avec pour seule protection une casquette en tweed, je me sentais assez mal à l’aise. En danger… A cette vitesse, la moindre cabriole se termine probablement à l’hôpital… et même si l’engin est très stable et freine fort grâce à ses deux freins à disque, on n’est pas à l’abri d’un accident…

Mais il est bien entendu que ce vélo est homologué et répond parfaitement à la régulation européenne sur les vélos électriques. Le problème vient de moi, c’est-à-dire de l’utilisateur, qui sera tenté, comme je l’ai fait, de jouer avec les multiples paramétrages que propose l’écran EIVA. On peut dont très facilement transformer l’engin et modifier la puissance de 250 W à 1000 W, débridant la vitesse maximale de 25 km/h à 50 km/h, désactivant l’assistance au pédalage et convertissant le “start pusher” en accélérateur. Chose que l’on a le droit de faire en terrain privé ou pistes dédiées. A bon entendeur…

J’ai eu l’occasion durant ces semaines d’utilisation de rouler la nuit et sous la pluie. Un phare puissant permet de se sentir en sécurité et être bien vu. En revanche, son faisceau diffus n’éclaire pas très loin. Il semble que ce modèle soit plus à son aise sur la plage avec l’option porte surf que sous la pluie par des sentiers boueux. Les jolis garde-boue minimalistes ne protègent pas assez. Mais c’est une question de choix car il existe chez Rayvolt d’autres modèles plus adaptés à un usage quotidien tout en restant très élégant comme par exemple l’Ambassador.

Texte Albin Carrière. Photos JFM, AC et constructeur.

Fiche technique

2 tailles disponibles M ou L ; roues : 24″x3 ou 26″x3

Freins à disque avant et arrière

Moteurs Smart HUB, puissance de 200W à 400W (en option : Power HUB, de 250W à 1000W)

Batteries : Samsung Li-Ion 48 V – 10.5 A (en option : Samsung Li-Ion Dual Pack 48 V – 21 A)

Chargeurs Li-Ion Smart Charger (Puissance :54 V – 4 A)

Temps de charge : 2h30 (en option : Li-Ion Smart Fast Charger Puissance, 54 V and 10 A, temps de charge 1h)

Electronique : RayVolt App + Bluetooth

Connexion directe au moteur à travers l’ Application Rayvolt

EIVA en option : écran tactile de 4,5 pouces, affichage kilométrage, niveau de batterie, contrôle des paramètres, GPS et navigation assistée

Contrôle de vitesse : PAS, assistance au pédalage limitée à 25 km/h

Smart PAS inclus avec EIVA : permet la configuration automatique du PAS selon le relief

Accélérateur : limité à 5 km/h pour une poussée initiale

Kit éclairage en option : lumière frontale LED 60 lux lumière arrière rouge

Prix à partir de 2799€ hors options.

https://www.rayvoltbike.com/