Royal Enfield 650 : succès annoncé !

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Désormais importateur officiel de Royal Enfield en France, la Sima doit déjà se frotter les mains : non seulement les deux nouvelles motos propulsées par le twin 650, le roadster Interceptor et le café-racer Continental GT, sont d’excellentes machines, mais elles arriveront au printemps à des tarifs défiants toute concurrence : à partir de 6400 € pour la première, à partir de 6 600 pour la seconde !

Inébranlables Indiens ! Doucement mais sûrement, Royal Enfield trace son propre chemin, une voie atypique qui impose aux Européens une façon de vivre le deux-roues d’eux oubliée : non, la pratique de la motocyclette ne doit pas forcément dépendre d’une frénétique course à l’armement. La croissance, bien que nécessaire, n’est pas pour les Indiens une fin en soi et le consumérisme frénétique n’est pas la solution à nos angoisses. Ainsi, rouler à moto doit être avant tout une façon de prendre du plaisir, d’être heureux et serein. Rouler en Royal Enfield, c’est se recentrer pour apprécier les choses simples. Le constructeur a bien sûr continués ur cette voie de l’équilibre pour nous concocter ce bicylindre de 650cm³ qui nous a tous bluffé durant cette semaine au pays des surfeurs.

Traditionalistes comme ils le sont, il va sans dire que les Indiens se sont inspirés de leur twin historique pour développer cette nouvelle moto, et si l’on se retrouve à la chevaucher en Californie, c’est bien parce qu’elle y connut son plus grand succès dans les années 60. Le twin Royal reprend donc des dénominations chères à la marque, Interceptor pour la version roadster et Continental GT pour le café-racer. Techniquement, les deux modèles sont identiques. Le moteur est un bicylindre vertical de 648cm³, refroidi par air et huile, équipé de huit soupapes mais d’un simple arbre à cames en tête, mu par une chaine de distribution placée entre les deux cylindres. Enfield abandonne les longues courses pour un moteur super-carré avec des cotes internes de 78 x 67,8 mm. Un grand soin a tout particulièrement porté à son équilibrage : fini les terribles vibrations destructrices grâce a un arbre d’équilibrage qui fait des merveilles. Ces solutions simples ont fait leurs preuves. Sur le papier, les courbes de puissances semblent presque parfaites, lisses et gentiment bombées, augurant un comportement doux et un moteur disponible à tous les régimes. Le couple culmine à 53 Nm à 5 000 tr/mn et la puissance maxi est annoncée à 47 chevaux à 7000 tr/mn. Il semble également que la majorité de la puissance soit accessible dès les plus bas régimes, ce qui se confirmera lors de l’essai sur route. Quant à la partie-cycle, sa conception a été confiée aux fameux ateliers Harris. Ici aussi, on n’a pas essayé de révolutionner le genre : c’est un solide double berceau démontable avec un angle de colonne raisonnable de 37,5°. Simplicité, solidité et surtout efficacité furent les maitres mots qui présidèrent à la conception de ces machines.

Les deux modèles ont évidemment des silhouettes très distinctes. L’Interceptor affiche un design rondouillard, positivement désuet.

La Continental GT bénéficie de lignes plus anguleuses, plus modernes qui plairont certainement aux plus jeunes. L’ergonomie des deux machines est aussi très différente, même si seuls changent le guidon, la selle et l’emplacement des repose-pied.

Sur ces deux jours de roulage, à virevolter entre les séquoias géants, nous avons consacré le premier à l’Interceptor : je m’y suis installé sans y penser. Chaque commande est tombée très naturellement sous mes pieds et mains et le galbe du guidon est très agréable. Sur la route on se plait à écouter l’agréable grondement du petit twin. Les commandes sont douces et les freins répondent à la moindre sollicitation, puissants et même endurants, sans exiger de période d’adaptation. L’embrayage est d’une douceur exemplaire, progressif à souhait. Comme quoi le passage à l’hydraulique n’est pas incontournable. Les amortisseurs fonctionnent extrêmement bien dans toutes les situations. Nos guides n’ont pas hésité à nous emmener sur des routes fort cahoteuses à des rythmes effrénés et franchement, ni le cadre ni les suspensions pourtant mis a mal n’ont laissé ressentir le moindre manque de rigueur. L’ABS est également resté très discret sur ce bitume cahotique. Quant au moteur, il n’est certes pas de caractère sportif mais tracte vaillamment jusqu’aux plus hauts régimes sans jamais ni baisser les bras ni hausser le ton : agréablement souple, il est peut-être un peu linéaire. Ces qualités font de l’Interceptor une excellente compagne pour le quotidien mais aussi pour voyager tant elle est reposante. S’il n’y a rien de très original pour qui est habitué aux motos sobres, celle-ci atteint tout de même un niveau d’équilibre et, disons-le, de perfection, allié a une simplicité exemplaire, qui pourra laisser rêveurs quelques grands constructeurs. Surtout à ce prix !

Le jour suivant, me voici campé sur la superbe Continental GT, rassuré par ma petite expérience sur l’Interceptor. En partant, j’avais quelques doutes quant à l’intérêt d’un modèle café-racer, et donc plus sportif, sur un moteur si doux. Après quelques kilomètres, j’ai compris que le moteur performant sur toute sa plage utile, permet de rouler plus haut dans les tours sans être ridicule. Comme la partie-cycle permet d’enrouler bon train sans trop freiner, et donc sans vraiment avoir à relancer la mécanique, il est largement possible à son guidon de pratiquer une conduite sportive de gentleman. La position est toujours très confortable car les guidons bracelets sont assez hauts et les repose-pied très bien placés. Filant d’un virage à l’autre, les épaules frôlant les monstrueux séquoias, j’apprécie pleinement l’équilibre global de l’engin. Tout est idéalement proportionné, le gabarit, la puissance, le freinage et même le bruit. Evidemment, une petite paire de mégaphones S&S aurait ajouté un poil de piment à la balade : une des motos qui nous accompagnait en était équipée et ça nous a tous fait envie ! Si la direction peut parfois paraître légère, même dans les pires conditions, la moto reste imperturbable. J’ai testé un nid de poule en pleine trajectoire, sur les freins dans l’angle, une sorte de lagomorphe m’ayant fait une farce, et rien de déroutant ne se passa de déroutant : décidément cette moto est très saine en plus d’être jolie. Sur la route du retour, la configuration et la circulation nous ont permis de tester la vitesse de pointe. Ton up, comme disent les anglais ! J’ai largement dépassé les 100 miles par heure, c’est-à-dire 160 km/h. Une vitesse honorable où la GT reste très rassurante, loin de sa zone rouge.

Bref, la concurrence peut se faire du souci, avec l’arrivée des twins Enfield, d’autant que les tarifs sont alléchants, de 6400 euros pour la moins chère des Interceptor, à 7000 € pour la plus luxueuse des Continental GT. Garantie 3 ans en prime ! Les tarifs sont donc plus concurrentiels que les Guzzi V7, Triumph Street Twin et Ducati Scrambler 800. Vivement les comparatifs pour voir si notre objectivité n’aurait pas été mise à mal par l’ambiance festive qui régnait durant cette semaine de rêve !

Texte Albin Carrière. Photos Royal Enfield.

Fiche technique

Moteur : bicylindre en ligne, 4 temps, refroidissement par air et huile – Distribution : 1 ACT, 4 soupapes par cylindre – Cylindrée : 648 cm3 (78 x 67,8 mm) – Puissance : 47 ch à 7 250 tr/mn – Couple : 52 Nm à 5 250 tr/mn – Alimentation : injection électronique – Embrayage: multidisque à bain d’huile – Boîte : 6 rapports – Cadre : double berceau tubulaire en acier démontable – Suspension avant : fourche télescopique, diamètre 41 mm, débattement 110 mm – Suspension arrière : deux amortisseurs, débattement 88 mm – Frein avant : 1 disque de 320 mm, étrier à 2 pistons, ABS – Frein arrière : 1 disque de 240 mm, étrier à 1 piston, ABS – Roues : 18 pouces – Réservoir : 13,7 litres – Hauteur de selle : 804 mm – Poids à sec 202 kg

Tarifs Interceptor standard Orange cruch : 6400 € – Interceptor custom Ravishing red : 6600 € – Interceptor chrome Glitter & Dust : 6900 € – Continental GT 650 Standard Black Magic : 6600 € – Continental GT 650 Custom Ice Queen : 6800 € – Continental GT 650 Chrome Mister Clean : 7000 €

royalenfield.com/fr

myroyalenfield@simamoto.fr