Hervé Saigne s’est lancé avec Cafe Racer dans une saison de dragster à l’ancienne. Il nous explique comment il a préparé son célèbre Triumph-Hagon.

Une des caractéristiques du drag, c’est que sa pratique, pour brève et intense qu’elle soit, est foncièrement addictive. Aussi, pendant la période hivernale, aisément assimilable à une période de manque plus qu’à un sevrage, une des façons de s’abandonner au besoin compulsif de consommation de notre drogue dure passe par la gamberge sur l’amélioration des performances potentielles du bidule.

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En matière de performances, un drag, c’est un compromis entre puissance, légèreté et traction. Hors ce compromis est gentiment déséquilibré car on le sait tous : avec des watts en plus, c’est forcément mieux !

L’hiver dernier fut donc consacré au moteur de mon Triumph-Hagon. Il y avait de quoi car jusqu’à présent, je vrombissais, certes avec élégance et quelques fuites, grâce à un bon vieux 750 de Meriden, totalement stock et sans refonte majeure depuis sa production en 1978, un rien usé.

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Le twin Triumph de 750 a ceci de particulier par rapport au 650, que, malgré sa cylindrée supérieure, il n’est d’origine que très marginalement plus performant (voire moins) que son petit/grand frère, sans parler des innombrables kits 750 qui se trouvaient sur le marché. La faute en incombe à un bridage très subtil et à un taux de compression limite ridicule. La raison officielle de cette dégradation du potentiel réel de ce moteur tient non pas dans de quelconques considérations écolos mais dans une explication technique ; à court/moyen terme les vibrations générées par l’alourdissement de l’ensemble mobile ne pouvaient que se révéler aussi désagréables que dispendieuses pour le client moyen, qui en plus avait déjà un peu tendance à déserter les concessions.

 

Drag-Hervé-247Bref, le 750 Triumph est une bonne base pour délirer un peu et dépenser quelque sous.

Texte Hervé Saigne. Photos Denis Boussard.

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